ARCHIVES (2001)

Les chats aiment les histoires

Depuis que mes enfants sont en âge d’écouter des histoires et que je leur en lis, j’ai remarqué que notre chatte, où qu’elle soit dans l’appartement et où que nous nous trouvions, même hors de portée de voix, devine d’instinct ce que nous faisons et nous rejoint aussitôt.
Elle s’assied sur le lit ou le canapé, la tête appuyée contre la jambe d’un de mes enfants et ronronne doucement jusqu’à ce que la petite troupe se sépare pour cause de fin d’histoire ou de fatigue de la narratrice.
Je ne me rappelle que d’une autre activité qui provoquait la même réaction: l’allaitement de mes enfants. A peine étais-je assise dans un fauteuil avec le bébé dans les bras que notre chatte grimpait sur l’accoudoir, s’installait confortablement et appréciait.
J’ai envie de me prendre quelques instants pour une éthologue et d’essayer de comprendre pourquoi un chat aurait, dans deux situations différentes, un comportement identique et systématique. Y aurait-il un lien? (L’éthologie est la science des comportements des espèces animales dans leur milieu naturel.)
Pouvons-nous en déduire que l’acte de lire provoque une transmission d’ordre spirituel et intellectuel entre le parent et l’enfant qui serait du même niveau que celle alimentaire et affective provoquée par l’allaitement? Intéressant, mais un peu compliqué...
Les histoires sont-elles si douces à entendre qu’elles en auraient un goût sucré? Les explications techniques sur la construction des fusées données par le Professeur Tournesol à Tintin dans « Objectif lune » sont tellement ardues à lire et m’ont assez fait souffrir pour que je puisse démentir cette affirmation...
Les seuls arguments qui me semblent plausibles finalement sont l’osmose et le calme. Quand j’allaitais, quand je lis et, surtout, quand mes enfants écoutent, nous sommes tous ensemble dans la même aventure. Le tout dans une ambiance de tranquillité, d’immobilité, tellement rares au quotidien. D’autant plus depuis que mes enfants ont grandi (9 et 11 ans), ils préfèrent, dès qu’ils ont un instant de libre, courir chez les copains ou vaquer à leurs occupations.
C’est dans ces occasions de calme que j’arrive à retrouver des moments intenses entre nous. Il y a aussi bien sûr les discussions communes, mais elles ne peuvent être prévues, les séances de jeux, mais elles génèrent souvent la compétition: un gagnant et des perdants. La lecture, je peux la proposer. Les enfants l’acceptent s’ils sont disponibles et ce n’est pas souvent. Tant pis. Nous persévérons.
Je continuerai donc à lire des histoires à mes enfants, même s’ils grandissent... puisque cela plaît tellement à notre chatte!!

Julie

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